Aéria¶
Aéria était la déesse majeure de l'Air et de la Bienveillance, et la dernière-née du panthéon d'Everos. Son continent flottait dans les airs. Elle est morte au 4e Âge en mettant fin à la Guerre des Démons, et son continent s'est abattu sur Silkiana.
Elle est la seule divinité majeure dont Everos ait connu la mort.
La dernière-née¶
Aéria est née bien après ses pairs. Là où les autres dieux majeurs avaient arpenté l'Univers avant de se partager le monde, elle a ouvert les yeux sur un monde déjà fait, déjà peuplé, déjà réparti.
Les dieux majeurs se considèrent tous frères et sœurs, et Aéria est la cadette de cette fratrie. Elle a grandi entourée de leur affection autant que de celle des mortels, et cette bienveillance générale a eu un effet qu'aucun d'eux n'avait prévu : elle l'a laissée naïve, et oisive.
Elzeryn plus que tout autre l'a maintenue dans cet état. L'aîné·e du panthéon regarde l'essentiel des créations divines comme des enfants à protéger et à guider, et la dernière-née de sa propre fratrie encore davantage.
De là vient sa manière de voir le monde. Aéria voit le bon en chaque chose et accorde autant de chances de changer qu'il en faut, y compris à ceux qui ne cherchent pas à changer. Cette disposition la rend aimable et, le jour venu, elle la tuera.
Apparence¶

Son visage est un masque, très simple et très expressif. Ses manches lui tiennent lieu d'ailes autant que de mains, et l'ensemble de sa silhouette est conçu pour être léger et flottant, à l'image de son domaine.
Sa couleur n'est pas fixe. Selon son humeur, ses préférences ou le moment, elle passe du bleu au jaune, au rose ou au vert.
Le Panthéon de la Bienveillance¶
Aéria doutait de sa capacité à créer de bons dieux. Plutôt que de s'y risquer, elle a choisi de s'appuyer sur des mortels d'exception, qu'elle a élevés au rang divin.
C'est ainsi qu'est né le Panthéon de la Bienveillance, dont les membres portaient chacun une vertu. Coyan, qui incarnait la Prudence, avait été kobold avant son élévation, et il lui est arrivé de se demander si ce passé n'expliquait pas qu'on ne l'écoutât jamais.
Ils vivaient au Palais des Cieux, sur le continent flottant.
Après la mort d'Aéria, ces mêmes dieux sont passés sous l'autorité de Mantha, qui les a transformés. Les uns sont devenus les Péchés, les autres ont conservé leur vertu au sein du Panthéon de l'Âme.
Son continent¶
Aéria apparaît au 3e Âge, et son arrivée oblige les mortels à refaire les cartes qu'ils venaient tout juste d'achever. Le continent, comme la déesse, ne touche pas le sol.
Une déesse inconnue et une terre neuve suffisent à déclencher de grandes migrations. Un culte se forme, tout un écosystème s'installe, et la Tour des Archimages est fondée là.
Le Grand Empirisme¶
Quand l'Empereur entreprit de soumettre les dieux, Aéria n'en sut rien. On l'écarta auprès de l'un de ses frères, sous prétexte d'un voyage.
Elle n'apprit la gravité de ce qui s'était joué qu'une fois l'affaire réglée. C'est la seule divinité majeure à avoir traversé le Grand Empirisme sans y prendre part.
La Guerre des Démons¶
L'enlèvement de Mantha place Aéria en première ligne d'un conflit auquel rien ne l'avait préparée. Elle s'obstine, et son obstination épuise ceux qui l'entourent.
Elle envoie Elory négocier encore et encore avec un adversaire qui n'a jamais eu l'intention de négocier. Elle écarte les craintes de Coyan, qui redoutait que d'autres dieux soient capturés à leur tour. Delisan s'oppose ouvertement à elle et redoute ce qu'elle s'apprête à faire.
Puis elle part pour les Enfers, sans en avertir ceux qui l'auraient retenue. Adlai supplie de l'accompagner, elle refuse. Delisan l'apprend depuis un champ de bataille.
Aéria libère Mantha au prix de sa vie. Ses quinze années de captivité prennent fin, la guerre aussi.
La Chute¶
Ses dieux mineurs ont ressenti sa mort avant d'en être informés. Le lien qui les unissait à elle s'est rompu d'un coup, et chacun décrit le même instant : le sol qui bascule, le Palais des Cieux qui tombe avec le continent, et des mortels qui meurent par milliers sous les décombres.
Le continent s'est écrasé sur Silkiana, qu'il a redessinée. Aeria Avalyne en est le plus gros fragment encore émergé, penché dans la crevasse que l'impact a creusée. Ykriss a surgi des plaques sous-marines que le choc a brisées. Sorvel s'est bâtie sur le point de chute même.
La Tour des Archimages est tombée avec le reste.
Au-delà des morts et des terres perdues, la Chute a appris quelque chose au monde que personne n'avait envisagé : un dieu peut mourir.
La tentative de retour¶
Hisangard chercha Aéria dans les décombres pendant des jours. Quand elle trouva enfin les restes, elle ne supporta pas de les garder et les porta à Eromnia, par colère autant que par reproche.
Light refusait pour sa part que sa petite sœur soit privée de sa vie. Il récolta tout ce qu'il put de ce qu'il restait d'elle et convainquit Eromnia de l'aider à la ramener.
Ce ne fut pas Aéria qui revint. Ce fut Naguïr, né de ses restes et incapable de rendre ce qu'on attendait de lui, qui créa ensuite lui-même sa sœur Hy'Paz. Les deux dieux durent présenter ce résultat au conseil, assez penauds.
Naguïr et Hy'Paz occupent aujourd'hui la septième place du panthéon et les terres d'Eora, où la Tour des Mages a été rebâtie.
Voir aussi : Panthéon | Mantha | Guerre des Démons | Silkiana