Crasse¶
Crasse, de son nom Llevis Blues, est l'un des Corsaires de Light et l'un des hommes les plus respectés de La Toile. Il en est aussi le plus sale, ce à quoi il doit son nom.
Il incarne la crasse de l'archipel, au sens des déchets comme des actes lâches de ceux qui lui veulent du mal.
Le mercenaire¶
Llevis venait d'une famille réputée dans la mercenarie. On l'a entraîné à toutes les armes imaginables dès qu'il fut capable d'en tenir une et d'en comprendre le danger, à l'exception des pistolets à silex, dont il n'a jamais saisi l'intérêt.
C'est lui qu'on envoyait quand une situation échappait à tout contrôle. Il a participé à des guerres, à des coups d'État et à des assassinats, ces derniers sans y prendre goût.
À sa majorité, le nouveau continent apparu quelque temps plus tôt l'intéressa. Il s'y installa et abandonna la mercenarie pour un métier où il protégerait les innocents au lieu de les tuer.
Le sous-chef de la Garde¶
La Garde de La Toile remarqua vite son talent au combat et son acharnement à défendre ceux dont il avait la charge. Il monta rapidement en grade, jusqu'à devenir sous-chef de la Garde entière.
Sans qu'il le sache, il avait aussi attiré l'attention de Light. Le dieu, que Llevis ne priait pas, admirait simplement ce qu'il faisait et prenait des notes sur lui. Il croyait avoir trouvé quelqu'un qui, sans en avoir la puissance, avait le cœur d'un dieu.
Le crime¶
Llevis tomba amoureux d'une sylphe, éperdument. Elle ne l'aimait pas et profitait de sa notoriété pour vivre à son aise, en compagnie d'un amant qu'elle avait déjà avant lui. Le couple n'avait jamais formé qu'un plan pour vivre dans le luxe sur le dos de Llevis.
Il s'en aperçut le soir où ils tentèrent de le voler, alors qu'il était censé être de garde et qu'il rentra bien plus tôt que prévu.
Les deux s'expliquèrent. La jalousie et le dégoût furent tels qu'il ne voulut rien entendre et mit fin à leurs vies, brutalement.
Quand il eut repris son calme, il tomba à genoux devant le cadavre de celle qu'il croyait aimer. Il avait juré de ne plus tuer d'innocents.
La rencontre¶
Light était présent. Il prit son apparence divine et posa une main sur l'épaule de Llevis.
Ce que Light lui a dit
« Personne n'est parfait, pas même les Dieux. Néanmoins, même si ta colère a ôté des vies, il n'en reste pas moins que tu es un exemple à suivre. Je ne te parle pas en tant que Dieu, et même si notre puissance n'est pas égale, j'aimerais que l'on discute, je veux que tu sois mon égal, Llevis. »
Le dieu l'aida à nettoyer la scène. Il y trouva le collier que Llevis avait offert à la sylphe et le bénit. C'est la première fois qu'il accordait une Bénédiction à un objet, celles qu'il avait données jusque-là portant sur des personnes. Llevis ne peut plus s'en séparer et le portera jusqu'à sa mort.
Light reprit ensuite l'apparence sous laquelle il se confond avec son peuple et l'invita à boire un verre, autant pour alléger son chagrin que pour lui confier des missions.
Il devait devenir Corsaire et répandre l'honneur des pirates et de La Toile. Il devait former deux des enfants de Light au combat, le dieu étant trop occupé et reconnaissant lui-même n'avoir pas grand succès comme père. Il ne devait oublier ni le crime qu'il venait de commettre ni les innocents tués durant sa vie de mercenaire, le poids de ces âmes n'étant pas sans conséquence sur son quotidien. Il devait enfin continuer d'assurer la protection de l'archipel, mais en dehors de la Garde, pour ne plus mettre ses compagnons en péril.
Llevis accepta. Au moment même où il le fit, il ressentit un poids énorme s'abattre sur lui, comme si Light venait de lui ouvrir l'accès à la souffrance et à la haine de toutes les âmes qu'il avait prises.
Ce que les crimes ont fait de lui¶
Ses crimes l'ont entaché au sens propre. Il a continué d'exécuter ses missions, mais s'est laissé aller sur son corps comme sur son esprit, et le bel elfe qu'il était est devenu quelque chose qu'on prendrait pour un orque particulièrement puant.
C'est ainsi qu'il a développé une magie à laquelle il n'avait jamais eu recours. Il eut l'idée d'employer le poids de ses propres crimes contre ceux qui en commettent, et de retourner la crasse de leurs actes contre eux. Il s'est soulagé d'autant de la haine des âmes, et une forme d'amitié considérable a fini par s'installer entre elles et lui.
Sa philosophie tient en une phrase, qu'il a tirée de sa punition. Ceux qui ne veulent pas se repentir sont des menaces, et il n'y a pas de troisième chance.
Il n'en reste pas moins la meilleure source d'histoires de mercenaire qu'on puisse trouver dans une auberge de l'archipel.
Apparence¶

Son corps ressemble à celui d'un début de décomposition. Il porte peu de cicatrices, la plupart dans le dos, laissées par des coups bas et par un entraînement rigoureux. Quelques-unes sont sur le devant, souvenirs de duels contre plus fort que lui.
Il est massif, quoique moins découpé que Hisangard ou que Berserk, et particulièrement grand pour un elfe. Il se sert de cette taille pour occuper le plus d'espace possible et faire paniquer son adversaire, à la manière d'un ours.
Son armure est un reste de son ancienne armure de mercenaire, grise et banale, en plaques sur les points sensibles et en mailles aux articulations. Elle n'a jamais été réparée depuis qu'il est Corsaire. L'emblème de sa famille y est à demi effacé et une large entaille barre le plastron sans avoir atteint les couches inférieures.
Il ne porte pas de casque, seulement un grand foulard très abîmé enroulé autour de la tête. Ses cheveux noirs lui tombent aux épaules, coupés à cette longueur pour ne pas le gêner au combat. Ses yeux sont d'un vert remarquable.
Sa Bénédiction se trouve au milieu de son torse. Elle ne le fait pas souffrir et, contrairement au soleil que porte Light, elle ne détruit pas ce qu'elle touche.
L'espadon¶
Sa lame est émoussée et à moitié manquante. Il la traîne au sol à deux mains, et les noms de ceux qu'il a tués y sont gravés, si bien qu'il transporte ses remords partout où il va.
L'arme lui a été donnée par Adlai, qu'il tient pour son idole, à la demande de Light. Le dieu jugeait important qu'on reconnaisse ses erreurs quand on est puissant, les actes divins étant les plus mortels de tous et n'admettant pas l'erreur.
Magie¶
Crasse est en contact avec les âmes sans jamais les manipuler. Ce sont ses compagnons, et elles n'ont pas été coopératives au début, ce qui explique en partie la négligence dans laquelle il a sombré. Certaines ont trouvé la paix depuis, d'autres lui restent fidèles jusqu'à l'accompagner dans sa propre mort, alors qu'elles ont été ses ennemies.
Elles l'assistent au combat. L'espadon est trop lourd pour qu'il le manie seul, et ce sont elles qui expliquent la vitesse de coups qu'il parvient à peine à soulever à deux mains.
Sa Bénédiction ne s'active que si l'adversaire le mérite, car il est joueur. Quand elle le fait, sa lame se complète de Lumière, les âmes dansent autour de l'adversaire et entravent ses déplacements, et Crasse se déplace comme si le poids de son équipement s'était envolé. La lame ne tranche plus, mais les coups restent fatals.
Sa magie ne comporte aucun sort offensif. Elle ne porte que sur lui-même, la Bénédiction en renforçant les effets. Pour le reste, il ne compte que sur son épée et sur sa manière de s'en servir.